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Alors que les premières arrivées sont attendues ce dimanche en fin de journée (heure française), les nordistes conservent toujours un avantage sur les sudistes. L’amertume est palpable chez ces derniers et au nord, les duos aiguisent leurs armes dans le sprint final. État des lieux avant deux journées qui s’annoncent décisives. 

Il s’agit d’une interrogation qui traverse l’esprit, ce samedi matin, en observant la cartographie. Les 18 duos de la Transat en Double – Concarneau – Saint-Barthélemy savent-ils seulement qu’on est samedi et que les températures un peu plus estivales, dans l’Hexagone, sont plus propices à un week-end de détente ? À bord, hors de question de penser à se relâcher, à souffler, à profiter. Ces envies-là sont réservées à leur monde d’après, à l’arrivée et c’est pour bientôt : les premiers franchissements de ligne, à Gustavia, pourraient avoir lieu ce dimanche à 18h (heure française) et 16h (heure locale). 

 

Les nordistes « semblent confirmer leur avantage » 

Mais qui ? Après 17 jours sur l’océan, le suspense est toujours d’actualité. Toujours le même constat : ils sont 6 duos au nord – dont le leader depuis hier, TeamWork – et 8 duos au sud. Et la tendance est favorable aux nordistes, eux qui ont passé sans encombre la molle attendue qui a fini par se résorber. « Le contexte n’a pas changé et les nordistes semblent confirmer leur avantage », explique Yann Château à la direction de course. « Il y a parfois quelques grains qui peuvent venir semer le trouble : on a vu cette nuit Région Normandie et (L’Égoïste) - Cantina St Barth accélérer en étant un peu plus au sud de la flotte du nord ».

« On va se battre jusqu’au bout » (Thomas Rouxel) 

Au nord, les Figaro Bénéteau 3 sont sortis de la molle en fin de nuit et devraient continuer à accélérer. En revanche, impossible pour l’instant de savoir qui, dans ce groupe, va s’imposer. « TeamWork est plutôt bien placé mais on voit que les grains peuvent modifier les positions », poursuit Yann Château. 

Chez les sudistes, c’est l’amertume qui prédomine. Après l’appréhension de Martin Le Pape (Gardons la vue) hier, Thomas Rouxel (Guyot Environnement - Ruban Rose) s’inscrit aussi dans ses pas dans un mail : « c’est dur même si on va se battre jusqu’au bout. Au nord, ils sont annoncés en tête après avoir pris une option qui n’existait pas. Pour nous, c’est un peu comme si tu allais au casino. Tu ne mises pas une pièce mais en sortant, tu as quand même perdu 500 balles ! » Il y a une dualité dans ces mots entre espoir – « la situation peut s’inverser très vite » - et une forme d’abattement - « le bilan est quand même exceptionnel, on a porté haut les couleurs de Guyot Environnement-Ruban Rose ». La bataille n’est pourtant pas encore terminée, de quoi animer ce week-end estival, si paisible soit-il depuis la terre. 

 

Les mots du bord de la nuit : 

Alexis Loison et Guillaume Pirouelle (Région Normandie) :

« Hier, c’était une journée un peu compliquée. On a subi un énorme grain qui nous a scotché derrière : pendant deux heures, on avait plus de vent et on a tiré des bords pour pouvoir s’en sortir… Ça fait deux à trois jours qu’on a ça et c’est un peu dur. On progresse bien la nuit et on a toujours un coup d’arrêt dans la journée. En tout cas, on va espérer que ça va bien se passer. Ça risque d’être très serré à l’arrivée. Les routages nous font arriver dimanche soir et on espère qu’on va tenir ce timing ! » 

Pierre Leboucher et Thomas Rouxel (Guyot Environnement - Ruban Rose) : 

« On se sent d’attaque pour le sprint final, plus que jamais ! Mais c’est dur, tout a basculé si vite. Il y a eu plein de coups à jouer sur cette course, on en a fait des mauvais mais dans la majorité, on est quand même très satisfait et on pensait avoir bien maîtriser la course. Et puis là, les retardataires (les nordistes NDRL) sont annoncés en tête. C’est un coup qui n’existait pas. Pour nous, c’est un peu comme si tu allais au casino. Tu ne mises pas une pièce mais en sortant, tu as quand même perdu 500 balles ! » 

Estelle Greck et Laurent Givry (RLC Sailing) : 

« Pour les prochaines heures, il ne va pas se passer grand-chose. C’est tout droit en bâbord amure et nous allons vers du vent mollissant. Au moment où j’écris ce mail, c’est effectivement en train de mollir. La question du soir est : allons-nous avoir des grains cette nuit ? Ça y est, nous commençons à parler de l’arrivée. C’est qu’elle n’est plus très loin ! »