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Bientôt les grandes glissades au portant « On va vivre un peu plus normalement »

Les 18 duos de la Transat en Double – Concarneau – Saint-Barthélemy voient le bout du tunnel. Depuis trois jours, ils naviguent à des allures inconfortables et dans des conditions exigeantes de vent et de mer. La situation s’améliore doucement ce soir. La nuit prochaine, les marins vont enfin pouvoir envoyer un spi et naviguer à plat au large du Portugal. Ce samedi soir, les leaders sont toujours Tom Laperche et Loïs Berrehar (Bretagne – CMB Performance).

Depuis le départ mercredi soir de Concarneau, la vie à bord des Figaro Bénéteau 3 peut avoir des airs de pénitencier. Se prendre des paquets d’eau (froide) sur la tête, subir une gîte permanente, encaisser les chocs du bateau sur une mer chaotique, déplacer à chaque virement de bord tout le matériel à l’intérieur du bateau (ce qu’on appelle « matosser »)... Même pour des coureurs de grande qualité, le contexte est à la longue usant.

« Ça commence à être pénible le près »

« Nous sommes fatigués et usés par ces trois jours de près dans de la mer formée. Il faut prendre son mal en patience », confiait ce matin Pierre Quiroga. Martin Le Pape (Gardons La vue) confirmait : « Ça commence à être pénible le près, on a hâte que ça s’arrête ! Je suis en train de me faire à manger dans le bateau, à quatre pattes. On avance vers le sud donc ça se réchauffe un tout petit peu, mais on ne voit pas encore le soleil. » Ce samedi, les duos ont navigué dans un flux de sud-ouest toujours soutenu et sur une mer moins houleuse, ce qui leur a permis de progresser à plus de 8 nœuds. Dans l’après-midi, le vent a commencé à mollir et à adonner.

De l’amour du spi

Ce soir, le vent va continuer à faiblir à l’approche d’une dorsale et s’orienter au secteur ouest/sud-ouest, d’après Météo Consult. Dans la nuit, la flotte naviguera dans un flux d’ouest/nord-ouest d’une dizaine de nœuds. En clair, le vent va devenir de plus en plus favorable. Cela tombe bien car à écouter ou à lire les marins, on constate qu’ils n’ont qu’une hâte : glisser à plat, à des allures portantes et dans des conditions plus clémentes. « Vers minuit on devrait pouvoir envoyer le spi et vivre un peu plus normalement », espère Pierre Quiroga. Demain matin, le groupe de tête naviguera à la latitude de Lisbonne. Guillaume Pirouelle (Région Normandie) expose la suite des événements : « La journée de dimanche marquera le début de la rapide descente vers les Canaries, le vent ne fera que forcir, il faudra être rapide et bien se placer par rapport aux adversaires... Ça va faire du bien de naviguer au portant. » Les Figaro Bénéteau 3 ne vont faire qu’accélérer sur la route des Canaries. 

« Pas de relâche possible ! »

Le retour d’une navigation moins « guerrière » va permettre à chaque duo de faire une bonne vérification du bateau, de confirmer que tout va bien à bord. Ce sera aussi l’occasion d’analyser en profondeur les fichiers météo et d’établir calmement la stratégie pour la suite des événements. La navigation ne baissera pas en intensité car la compétition est très rude et la flotte compacte. Au pointage de 17h ce samedi, les 12 premiers se tenaient en 6 milles, autant dire pas grand chose alors qu’il reste plus de 3 300 milles à parcourir pour rallier Saint-Barthélemy… « Nous sommes bien contents de mener la course jusque-là. On va continuer à se donner à fond ! », annonce Loïs Berrehar, leader de la flotte avec Tom Laperche (Bretagne – CMB Performance). Cinquièmes à moins de 2 milles derrière, Pierre Quiroga et Erwan Le Draoulec résument l’enjeu pour tous les bateaux de tête : « Il faut absolument rester devant et envoyer le spi dans le bon paquet. » Guillaume Pirouelle, associé à Alexis Loison, est dans le même état d’esprit. « On continue sur notre lancée, on s'applique à faire avancer le bateau le plus vite possible », dit le jeune marin normand. « Il faut cravacher, il n’y a pas de relâche possible ! »