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La flotte file vers les Canaries « Il va s’en passer des choses ! »

Sous spi dans un vent soutenu, les Figaro expriment tout leur potentiel et le rythme s’est franchement accéléré pour les duos de la Transat en Double – Concarneau – Saint-Barthélemy. Les leaders aborderont les Canaries dans la nuit de mardi à mercredi. Il va rapidement falloir déterminer le point de passage exact pour « enrouler » le waypoint de La Palma (à laisser à tribord). 

Le groupe de tête de la Transat en Double commence doucement à se diviser en fonction des choix tactiques des uns et des autres. Ce lundi matin, il y a 60 milles d’écart latéral entre le duo le plus à l’ouest (Éric Péron / Miguel Danet) et ceux décalés dans l’est (Tom Laperche / Loïs Berrehar et Pierre Leboucher / Thomas Rouxel). Les classements sont actuellement à prendre avec des pincettes car ils se font par rapport à la route directe, ce qui favorise les concurrents de l’ouest. 


Une histoire de recalages

Depuis hier, on observe que les duos empannent pour opérer des recalages et cela devrait continuer dans la journée, surtout cet après-midi. « Le décalage dans l’ouest est plus court car il permet un meilleur placement pour la rotation mais il y a moins de pression. Le décalage dans l’est permet d’avoir plus de pression mais rallonge la route. Ces recalages sont sûrement la résultante de petites rotations momentanées du vent à droite que les marins exploitent », explique Yann Chateau, adjoint du directeur de course. 

« Le choix est encore ouvert sur le passage des Canaries »

En plus de gérer ces légères variations du vent et de faire marcher au mieux les bateaux, les duos analysent de manière assidue les fichiers météo pour déterminer comment passer le waypoint de La Palma. « Pour l'instant, le choix est encore ouvert sur le passage des Canaries qu'ils devraient atteindre dans la nuit de mardi à mercredi », souligne Yann Chateau. « Les routages font plutôt passer entre La Palma et Tenerife, mais quand on force le passage plus à l’est, on perd seulement 22 minutes, autant dire rien par rapport à l'imprécision des fichiers météo. »

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Les messages du bord reçus cette nuit :

Corentin Douguet (Queguiner – Innovéo) : « Le rythme s’accélère, les milles défilent »

« On est un peu déçus de notre option le long du Portugal. On pensait qu’il y avait un petit coup à faire pour recoller le paquet de tête. Il n’en a rien été. Un moment on a même pensé que ça allait tourner à la bérézina mais finalement on n’est pas si loin. C’est de la perte mais rien de grave. On a voulu jouer, c’est comme ça… Sinon c’est cool de glisser sous spi. Le rythme s’accélère, les milles défilent. »

Guillaume Pirouelle (Région Normandie) : « C'est intense, pas le temps de souffler »

« Nous sommes contents d'avoir enfin envoyé le spi ! On n’est pas loin d'être en tête, mais bon la route est encore longue, on reste concentrés sur nous et notre bateau. En tous cas on avance bien au portant. Le bateau est en parfait état, prêt pour une descente ventée vers les Canaries. Pas toujours facile de faire les bons choix entre plus de vent annoncé à terre et une grosse rotation droite à venir, on essaie de bien se placer pour les deux. C'est intense, pas le temps de souffler. On continue d'analyser la situation météo car le choix d'une route nord ou sud se fait assez tôt, soit en passant le waypoint de La Palma, soit en passant dans les Canaries... On verra ce que va choisir la flotte. Une chose est sûre, il va s'en passer des choses ! »

Pep Costa et Will Harris (Cybèle Vacances – Team Play to B) : « C’est un grand match »

« On pense que tout le monde mérite d’être sous spi après un début de course très difficile. Au niveau bricoles, ça va. Nous avons juste eu un problème avec le génois au passage du cap Finisterre qui nous a fait perdre du terrain. On a bien réparé, tout va bien depuis ! Ça accélère bien, on a essayé de se préparer au mieux au niveau confort, nourriture… On va faire attention à nous et au bateau, mais en y allant toujours à fond pour ne pas avoir de regrets. C’est un grand match, la différence se fera sur des détails et surtout en tenant sur la durée. L’enjeu des prochains jours est de décider par où passer les Canaries. »

Jérôme Samuel et Nicolas Salet (Erisma – Groupe SODES – Fondation Tara Océan) : « La magie de cette course est de permettre à des amateurs éclairés de se confronter aux meilleurs marins »

« Tout va bien le moral est au top depuis qu'on a enfin balancé le spi, mettant une fin à ces quatre jours un peu galères et très humides. Comme attendu, le début de course au près et dans une mer cassante ne nous a pas laissé beaucoup de répit et nous n'avons pas pu maintenir les vitesses moyennes des cadors de la classe. Néanmoins on ressort devant nos concurrents directs à savoir les seuls équipages 100% amateurs comme nous et plutôt en forme notamment grâce au matelas que nous a prêté Armel (Le Cléac’h). L'objectif de cette transat est en priorité de finir, une première pour nous en course avec si possible quelques pros derrière nous. La magie de cette course est justement de permettre à des amateurs éclairés de se confronter aux meilleurs marins. »

Photo à bord de (L'Égoïste) - Cantina St Barth