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Le rythme s’accélère, les choix stratégiques s’opèrent

Les marins de la Transat en Double – Concarneau – Saint-Barthélemy ont bien mérité l’alizé et le ciel bleu dont ils profitent depuis ce dimanche. « Ça fait du bien de glisser un peu moins penché, on commençait à se métamorphoser en dahu», plaisantent les facétieux Gildas Mahé et Tom Dolan (Breizh Cola). « On peut enfin manger peinards, faire un peu sécher les affaires. »

« C’est de la balle ! »

« Soulagés, c’est le mot du jour. C’est cool de retrouver du confort à bord. Jusqu’ici ça secouait beaucoup donc on était un peu limités à l’essentiel. La vie à plat change tout, par exemple on peut prendre le temps de regarder ce qu’il y a dans sa cuillère avant de la mettre en bouche », écrivent Julien Villion et Nils Palmieri (TeamWork). Arthur Hubert (MonAtoutEnergie.fr) est également aux anges : « On glisse sous spi pour gagner dans le sud. On a retrouvé du ciel bleu et ça, c’est vraiment une bonne nouvelle. On a pu se changer pour la première fois depuis le départ. Clément est à la barre en short et t-shirt. C’est de la balle ! » 
 

« Un trou dans le génois »
Certains duos sont moins à la fête, à l’instar de Yannig et Erwan Livory (Interaction), 18e à plus de 100 milles des leaders. « Nous avons eu des petites galères au passage du cap Finisterre, dans le coup de vent », raconte Yannig, qui participe pour la dixième fois à l’épreuve. « Il y avait deux-trois bricoles à effectuer, notamment un trou dans le génois qu’il a fallu réparer. Maintenant, nous allons récupérer un peu après ces premiers jours à se faire tabasser. »


« On se croirait dans un speed test de Lorient ou de Port-la-Forêt »

En avant de la flotte, onze bateaux naviguent à près de 12 nœuds en file indienne. Toujours en tête, Loïs Berrehar et Tom Laperche (Bretagne – CMB Performance) sont en grande forme. « Nous avons le moral. On profite du moment mais on ne mollit pas car il y a un bon paquet d’énervés pas loin derrière ! C’est stressant mais on le vit plutôt bien », disent-ils.  « On se croirait dans un speed test de Lorient ou de Port-la-Forêt (pas de jaloux) », notent de leur côté Julien Villion et Nils Palmieri (TeamWork), avant d’exposer les enjeux à venir : « Le rythme va s’accélérer mais rien d'invivable, ça va être progressif, même si la densité du groupe de tête fait qu'il n'y a pas le droit de se relâcher. On commence à bien bosser sur la suite de la route. Il va falloir bien contourner l'anticyclone pour faire route vers les Canaries. » Ce soir, le vent va se renforcer au sud du Portugal pour atteindre 15 à 20 nœuds, et encore un peu plus dans la nuit, selon les prévisions de Météo Consult. Les Figaro Bénéteau 3 vont filer à belle vitesse.
 

« La stratégie arrive pour de bon »

Certains duos tentent des petits décalages en latéral. Éric Péron et Miguel Danet (L’Egoïste – Cantina St Barth), ainsi que Violette Dorange et Alan Roberts (Devenir) sont positionnés dans l’ouest du peloton de tête. Tanguy Le Turquais et Corentin Douguet (Quéguiner – Innovéo) sont quant à eux dans l’est. Le jeu va s’ouvrir pour rallier les Canaries, comme l’explique Fabien Delahaye (Groupe Gilbert) : « Jusqu’à présent, on a beaucoup été tout droit, à des allures où les bateaux vont à la même vitesse. C’était difficile de faire une petite différence. Il y a de la stratégie au portant qui va enfin pouvoir se dessiner. Ça va être technique, la moindre petite erreur engendrera des écarts de distance importants. La stratégie arrive pour de bon. En tout cas, il n’y a pas eu un mètre de lâché depuis le départ, c’est assez fort de voir la flotte régater à un tel niveau. » 


Yann Eliès, l’idole des jeunes

Dans le match pour les premières places, chacun se jauge, se donne des références. Julien Villion, par exemple, n’est pas peu fier de tenir le rythme de Yann Eliès (Gardons la Vue), triple vainqueur de la Solitaire et marin inspirant pour beaucoup de jeunes Figaristes. « Je n’ai pas eu la chance de régater en même temps que le Roi Jean (Le Cam) en Figaro, je suis plutôt de la génération du Seigneur Eliès », souligne Julien« Comme le Roi Jean à l'époque j'imagine, ce n'est pas facile de le décrocher de ton tableau arrière. On peut relativiser cette pensée en se disant que s’il est dans ton tableau arrière c’est que tu n'es généralement pas trop mal au classement. »