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Le sprint final

Alors qu’il reste près de 500 milles à parcourir, le suspense est toujours aussi intense entre les sudistes – les 8 duos menés par Bretagne - CMB Performance et GUYOT Environnement Ruban Rose – et les nordistes avec Région Normandie et TeamWork. Mais la nuit a davantage profité aux nordistes qu’aux sudistes. Explications. 

« Ça risque d’être bien intense jusqu’au bout ! » Dans le court message envoyé par Tom Laperche (Bretagne - CMB Performance), il y a beaucoup de points d’exclamation, mais aussi la certitude que tout reste à faire, malgré les 15 jours passés en mer. Certes, Saint-Barthélemy est en approche (à près de 500 milles) et une partie de l’organisation est d’ailleurs déjà sur place. Mais à bord, la bagarre va redoubler d’intensité.

Les sudistes ont pris du retard 

Car rien n’est encore joué entre les deux groupes de la tête de flotte. Et Tom Laperche, associé à Lois Berrehar, sait bien que la première place de Bretagne - CMB Performance ne garantit rien dans le sprint final. Les deux compères sont suivis à moins de 10 milles par 5 des 8 duos situés dans le sud. Surtout, à plus de 225 milles en latéral, les nordistes sont loin d’avoir dit leur dernier mot. 

« Cette nuit, on a constaté que les nordistes étaient davantage dans le rythme que les sudistes, explique Yann Château à la direction de course. Les sudistes sont allés moins vite que ce qu’ont annoncé les prévisions. Cela peut être dû à la modélisation météo ou alors aux grains et à des cellules pluvieuses. » Les vitesses ont ainsi été réduites, passant de 12 nœuds à 8 nœuds.

« Beaucoup de boulot » en perspective 

Résultat : les nordistes en profitent. Sur les routages, les sudistes ont perdu 4 heures, ce qui place désormais les nordistes avec 2 heures d’avance à l’arrivée !  Mais les écarts sont tellement infimes qu’il est impossible d’en tirer des conclusions définitives. D’autant qu’aujourd’hui, les sudistes devraient retrouver progressivement des conditions plus favorables d’après Météo Consult. Pour les Nordistes en revanche, il y aura une zone de molle à négocier. « La journée annonce beaucoup de boulot et un joli suspense », s’amuse Yann Chateau. 

Les témoignages venus du large démontrent que les réalités sont bien différentes au sein de la flotte. Martin Le Pape (Gardons la vue) n’a pas caché son agacement face au manque de vent hier : « on va chercher l’alizé profond et il n’y en a pas… C’est assez pénible ». Estelle Greck (RLC Sailing) revient sur « l’atelier du jour » : la réparation du J2 qu’elle avait déchiré avec Laurent Givry au Cap Finisterre. « L’après-midi c’est couture, collage, réparation de voile ! » annonce Estelle. Enfin, on ne peut que sourire en voyant la dernière vidéo de Skipper Macif. Erwan Le Draoulec est derrière la caméra : « tu vois les Antilles, Pierre ? » Réponse de son acolyte, Pierre Quiroga : « on n’en est pas loin ! » 
 

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Les mots du bord de la nuit 

Tom Laperche et Lois Berrehar (Bretagne - CMB Performance) : 

« On est toujours dans le coup ! C’est toujours bien chaud, il n’y a pas énormément de vent et on est en légère glisse sous spi. Ça risque d’être proche entre les deux groupes. L’option nord s’est un peu ouverte ces dernières 48 heures donc ça risque de se jouer à quelques degrés de bascule de vent ou à la force du vent réel par rapport aux prévisions.

Nous, on s’accroche, on est très proche de Guyot - Environnement aujourd’hui. On se voit donc c’est un peu de la régate. Ça risque d’être bien intense jusqu’au bout ! » 

Estelle Greck et Laurent Givry (RLC Sailing) :

« Depuis cette nuit nous avons des grains et les sargasses ont fait leur grand retour. Après avoir fait le constat que nous ne pourrions pas arriver devant le groupe du Nord, tout nous poussait à changer de route. Nous n’avions rien à perdre donc on y est allé ! Et pour l’instant, nous sommes plutôt satisfaits de notre choix. Les 11 premiers jours ont été difficiles à cause de l’humidité et de l’intensité. Depuis qu’on est dans les Alizées, le rythme est beaucoup plus cool. Mais on est toujours au taquet pour faire avancer le bateau. Et plus on se rapproche de l’arrivée, plus on a envie d'y être ! »